1990-1992 : l'ouverture démocratique manquée

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Sous la pression du mouvement pour le multipartisme et des campagnes de « villes mortes » menées par l'opposition naissante, le régime de Paul Biya autorise le retour du multipartisme en 1990. Mais la première élection présidentielle pluraliste, en 1992, tourne à la crise : Paul Biya est déclaré vainqueur face à John Fru Ndi (SDF) dans des conditions contestées, un état d'urgence est décrété dans le Nord-Ouest, et de nombreux militants sont arrêtés. Cet épisode installe durablement une opposition entre un pouvoir jugé verrouillé et des régions — notamment anglophones — qui se sentent déjà marginalisées.

 

 

La crise anglophone : de la grève au conflit armé

La crise trouve son origine fin 2016

La crise trouve son origine fin 2016, quand avocats et enseignants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se mobilisent contre la marginalisation du système judiciaire de common law et de l'enseignement anglophone. La répression de ces mobilisations pacifiques radicalise le mouvement : dès 2017, des groupes séparatistes prennent les armes pour réclamer l'indépendance d'un État qu'ils appellent « Ambazonie ». Le conflit devient une crise humanitaire majeure, avec plus de 530 000 déplacés internes et 35 000 réfugiés au Nigeria, pour la plupart des femmes et des enfants. Neuf ans plus tard, la violence reste endémique : une attaque à l'aube du 14 janvier 2026 a fait quatorze morts et quatorze blessés dans la localité de Gidado, dans le département de la Donga-Mantung, l'une des plus meurtrières de l'année dans cette région où les autorités peinent à donner suite aux enquêtes annoncées.
 

2018-2026 : une opposition réprimée, une crise qui s'aggrave

La présidentielle de 2018 marque une nouvelle rupture : Maurice Kamto conteste sa défaite face à Paul Biya, et le mouvement « Stand Up for Cameroon » de janvier 2019 se solde par des centaines d'arrestations de militants du MRC. La crise anglophone pèse alors directement sur la vie politique nationale, notamment lors de la présidentielle du 12 octobre 2025, où les électeurs du Nord-Ouest et du Sud-Ouest deviennent un enjeu de campagne disputé entre plusieurs candidats. Le scrutin débouche sur une nouvelle crise post-électorale : Issa Tchiroma Bakary s'autoproclame vainqueur, les autorités répondent par une répression massive, et Tchiroma est aujourd'hui contraint à l'exil politique en Gambie. En 2026, les deux crises — anglophone et post-électorale — se superposent : les corps continuent de tomber dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, un carnage que les autorités sont accusées de minimiser. Signe de la portée symbolique de cette double crise, le pape Léon XIV s'est rendu en avril 2026 à Bamenda, ville anglophone, dans un déplacement porteur d'espoir pour les leaders séparatistes emprisonnés. 

En somme, ces trois séquences ne sont pas des crises isolées mais les strates successives d'un même problème de fond : une contestation persistante de la légitimité du pouvoir et de l'inclusion des régions anglophones, à laquelle l'État a systématiquement répondu par la répression plutôt que par le dialogue.

Face à ces crises, une coordination sur le terrain

Notre association accompagne les prisonniers politiques et leurs familles : soins, soutien juridique, rations alimentaires dans les prisons de Ngoma, New Bell et Bertoua.

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