Trois crises post-électorales, trois vagues d'arrestations
Depuis 1990, chaque contestation électorale majeure au Cameroun s'est accompagnée d'une répression du même schéma : manifestations, riposte des forces de l'ordre, arrestations massives et détentions prolongées. Voici les trois épisodes qui ont le plus marqué le pays.
3 crises post-électorales majeures depuis 1990
~2 000 personnes arrêtées après l'élection de 2025
706 MORTS recensés en 2025 par une trentaine d'ONG
L'ouverture démocratique réprimée
1990–1992
L'ouverture démocratique réprimée
Le mouvement pour l'instauration du multipartisme et les campagnes de « villes mortes » lancées par l'opposition naissante débouchent sur la première élection présidentielle pluraliste de 1992. Paul Biya est déclaré vainqueur face à John Fru Ndi malgré des accusations de fraude, un état d'urgence est décrété dans le Nord-Ouest, et de nombreux militants sont arrêtés et emprisonnés.
La contestation de Maurice Kamto
2018–2019
La contestation de Maurice Kamto
Après la présidentielle de 2018, l'opposant Maurice Kamto revendique la victoire face à Paul Biya. Le mouvement « Stand Up for Cameroon », lancé en janvier 2019, se solde par l'arrestation de centaines de militants du MRC, dont plusieurs sont jugés devant des tribunaux militaires.
La crise la plus meurtrière
2025
La crise la plus meurtrière
Le Conseil constitutionnel proclame la réélection de Paul Biya avec 53,66 % des voix face à Issa Tchiroma Bakary, qui s'était autoproclamé vainqueur dès le lendemain du scrutin du 12 octobre 2025 et dénonce une fraude massive. Les autorités répondent aux manifestations par une force létale et des arrestations massives ; un collectif d'avocats évoque jusqu'à 2 000 personnes interpellées.
Une voix de l'opposition camerounaise, éteinte en détention.
La figure historique de l'opposition Anicet Ekane meurt en détention le 1er décembre 2025, relançant les accusations de mauvais traitements en prison.
Les chiffres
~2 000 personnes arrêtées après l'élection de 2025
706 MORTS recensés en 2025 par une trentaine d'ONG
